L’anxiété préopératoire, l’agitation du réveil et les troubles du comportement postopératoires sont les manifestations de la détresse psychologique de l’enfant opéré. L’anxiété préopératoire se manifeste surtout lors de l’induction. L’agitation du réveil est fréquente et partiellement indépendante de la douleur. En postopératoire les signes les plus courants sont l’anxiété de séparation, les colères, la peur des étrangers, les problèmes alimentaires, les cauchemars et terreurs nocturnes et l’énurésie Ils sont en règle résolutifs mais persistent jusqu’à un an chez certains enfants. Les principaux facteurs favorisant ces troubles sont le jeune âge, les antécédents d’hospitalisations ou de soins dans de mauvaises conditions, certaines modalités d’hospitalisation, la douleur postopératoire, l’anxiété des parents et certains traits de personnalité de l’enfant. Nous disposons actuellement d’outils permettant de quantifier l’anxiété (score m-YPAS) et les troubles postopératoires (Post Hospital Behaviour Questionnaire). Un repérage des enfants à risque de troubles est envisageable dès la consultation pré-anesthésique. Il s’agit des enfants jeunes (avant six ans), émotifs, impulsifs et mal socialisés, et dont les parents sont eux-mêmes anxieux. Les stratégies proposées pour minimiser le stress de l’enfant sont la préparation préopératoire, la prémédication, la présence des parents à l’induction, ainsi que des mesures agissant sur l’environnement de l’enfant, notamment l’hypnose. Les modalités de préparation sont diverses (information, modélisation, jeux de rôle, techniques favorisant le coping), leur efficacité est prouvée en préopératoire mais pas lors de l’induction ni dans les suites. La prémédication par midazolam réduit efficacement l’anxiété préopératoire. La présence des parents n’a prouvé son efficacité que dans certains contextes (parent calme/enfant anxieux) mais garde sa valeur si elle s’intègre à un programme de prise en charge du stress centré sur la famille, et devrait faire partie des options. Au total la prise en considération des besoins émotionnels des enfants est partie intégrante du rôle de l’anesthésiste pédiatrique. Nous disposons d’outils et de techniques pour évaluer et prendre en charge la détresse périopératoire de l’enfant. |